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Le 1er avril prochain, les tarifs d’électricité augmenteront de 0,3 % pour tous les clients d’Hydro-Québec, exception faite des grands clients industriels, comme toujours, choyés par Hydro-Québec, qui auront droit à un gel de tarif. Cette décision de la Régie de l’énergie confirme la lente, mais implacable, érosion de l’interfinancement, c’est-à-dire la disparition du traitement favorable en matière de fixation des tarifs dont profitaient historiquement les familles québécoises depuis la nationalisation de l’électricité.

« Les ménages, incluant les plus pauvres, payent la croissance des coûts de desserte des grandes entreprises. Il est stupéfiant qu’un tribunal administratif puisse, petit à petit, déchirer le Pacte social sous-jacent à la nationalisation de l’électricité, alors que cette grave décision devrait être prise démocratiquement », dénonce Viviane de Tilly, analyste à Union des consommateurs.

Trêve hivernale : un silence décevant

L’Union des consommateurs, dont est membre l’ACEF (Association coopérative d’économie familiale) de l’Est de Montréal avait demandé à la Régie de prolonger la trêve hivernale au cours de laquelle Hydro-Québec ne peut débrancher les clients qui ont des factures impayées. « Le silence de la Régie sur le sujet nous déçoit », indique Maryse Bouchard, coordonnatrice de l’ACEF de l’Est de Montréal.

Selon l’actuelle loi, Hydro-Québec ne peut interrompre le service d’électricité durant 4 mois, soit du
1er décembre au 31 mars. Lorsqu’on sait qu’à Montréal on compte en moyenne, en novembre, 19 jours avec une température inférieure à 0 °C (et 13 jours en avril), un débranchement met en péril la santé de familles qui n’arrivent pas à payer leur facture parce qu’elles sont à bout de ressources — des familles qui comptent des enfants, des aînés, des malades, des gens fragilisés. La Régie pourrait allonger la trêve hivernale pour l’étendre du 1er novembre au 30 avril. « Cette trêve hivernale est plus longue dans des endroits parfois moins froids qu’ici », indique Madame Bouchard.

En effet, la trêve hivernale dure plus de 4 mois dans une vingtaine d’États américains, 5 mois en France et 6 mois en Angleterre pour les ménages vulnérables. « Le Québec doit prendre exemple sur ces juridictions. À défaut de pouvoir miser sur la Régie, et à quelques mois de la campagne électorale, nous espérons que les partis politiques fassent preuve de compassion et s’engagent à modifier la Loi sur la Régie pour allonger la trêve hivernale », conclut la coordonnatrice de l’ACEF.