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Montréal, le 3 avril 2018     Aujourd’hui, François Blais, le ministre responsable de l’aide sociale, instaure des formations forcées tout en maintenant les obstacles importants à l’intégration en emploi des prestataires. Les membres et alliés de Projet Genèse, un groupe anti-pauvreté de Côte-des-Neiges, ont manifesté devant le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité Sociale en cette première journée de la mise en vigueur d’Objectif Emploi, un programme qui force les personnes qui demandent de l’aide sociale pour la première fois à participer à des mesures obligatoires sous peine de subir des coupures considérables à leurs chèques. Cette approche semble être basée sur le mythe que les prestataires ne chercheront pas du travail à moins d’être contraints, sous menace de pénalités sévères.

En réalité, le système d’aide sociale lui-même impose des obstacles importants à l’obtention et à la conservation d’un emploi. Pour Marina Rishkevitch, membre du Comité anti-pauvreté de Projet Genèse, « Monsieur et Madame tout-le-monde ne savent pas que l’aide sociale te laisse seulement travailler pour 200$/mois! Si tu gagnes plus, ton chèque sera coupé, dollar pour dollar. Les emplois qui sont disponibles sont souvent à temps partiel ou sur appel. Quand tu commences à travailler, les agents te bombardent de demandes de documents et fréquemment, tu te retrouves avec un chèque coupé à cause des problèmes de communications ou des erreurs de l’agent. »

Selon une demande d’accès à l’information, en l’espace d’un mois seulement, quelque 2.5 millions de dollars ont été retirés des chèques des prestataires qui déclarent leurs revenus de travail à l’aide sociale.  Ce chiffre représente d’innombrables heures travaillées par les prestataires qui n’en tirent aucun bénéfice monétaire. Pour Cathy Inouye, organisatrice communautaire de Projet Genèse, « le gouvernement pioche dans les salaires des prestataires. C’est un scandale. Ensuite, ce même gouvernement ose propager la fausse perception que les personnes sur l’aide sociale ne veulent pas travailler. Être sans-emploi n’est pas un échec personnel—il y a un chômage structurel dans notre société. » Le ministre Blais a reconnu que les gains de travail permis aux prestataires d’aide sociale sont trop bas mais a seulement proposé des modifications symboliques dans le projet de loi 173.

Objectif Emploi a été dénoncé pour avoir introduit de nouveaux mécanismes qui permettent que le chèque d’un premier demandeur puisse être réduit de moitié. Les manifestants d’aujourd’hui s’inquiètent aussi que l’affluence des premiers demandeurs forcés dans les programmes de formation va laisser moins de disponibilités au sein de ces mêmes programmes pour les autres prestataires.

Le niveau extrêmement bas des prestations d’aide sociale fut un autre sujet de critique. « Comment peux-tu chercher un emploi quand tu ne peux même pas payer ton loyer avec un chèque mensuel de 648$? Comment acheter de la nourriture, les billets d’autobus pour aller en entrevue, payer son téléphone pour contacter des employeurs?  Ils disent qu’ils veulent qu’on cherche de l’emploi, mais ne veulent pas nous donner les moyens de le faire. Les droits humains sont pour tout le monde, pas seulement pour les gens avec des jobs bien payées, » déclare Maria Ines Garduno, une autre membre du comité.

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Source : Projet Genèse