
Non, ce n’est pas une résolution de début d’année. C’est un choix à faire chaque jour.
Chaque année, nous sommes submergées d’articles sur les nouvelles résolutions : se remettre en forme, mieux gérer son argent, prendre soin de sa santé mentale… Et chaque année, la majorité de ces résolutions s’essoufflent, puis disparaissent. Pourquoi ? Parce que la motivation, qu’elle arrive en janvier ou à n’importe quel autre moment est souvent fragile et éphémère. Ce qui fait réellement la différence, ce sont les petites habitudes que l’on construit et que l’on répète au quotidien.
En matière de finances personnelles, trop de femmes ne prennent même pas le temps d’essayer. Dans les ateliers que j’anime, je rencontre des femmes très intelligentes et compétentes qui me disent pourtant : « Je ne m’occupe pas de l’argent, c’est mon conjoint qui gère tout. »
Ce choix ne reflète en rien un manque de compétences, mais une habitude profondément ancrée. L’habitude de penser que l’argent n’est pas une affaire de femmes. Que le budget sera mieux géré par le conjoint. Qu’il n’est pas nécessaire de poser des questions. Ou pire encore, que leurs questions seraient « idiotes » parce qu’elles estiment ne pas avoir les connaissances adéquates.
Alors elles ferment les yeux ou elles délèguent. Elles font confiance. À tout le monde… sauf à elles-mêmes.
Cette distance, parfois inconsciente, qu’elles créent entre elles et leur propre argent les expose à une réalité invisible : la violence financière. Lorsqu’une femme n’a pas accès à l’information, ne participe pas aux décisions et ne contrôle pas ses ressources, elle devient rapidement vulnérable. Dépendance économique, perte d’autonomie, difficulté — voire impossibilité — de quitter une relation toxique… L’argent devient alors un puissant outil de contrôle.
Reprendre le pouvoir sur ses finances n’est donc pas une résolution de début d’année, ni une décision prise sur un élan de motivation. C’est un acte réfléchi, conscient et libre. Un acte profondément protecteur.
Nous avons, en tant que femmes, la capacité et la légitimité de prendre notre place : comprendre nos finances, participer aux décisions financières, gérer un budget, épargner, investir et créer nos propres sources de revenus. Être maîtresse de ses finances et de son avenir n’est pas un luxe. Notre liberté en dépend.
Je m’appelle Anath Barwane. Je suis formatrice en éducation financière et chargée de projets en autonomisation financière des femmes à l’ACEF de l’Est. Si c’est la première fois que vous lisez l’un de mes articles et que vous souhaitez reprendre le pouvoir sur vos finances, je vous invite à me contacter pour participer à un atelier d’éducation financière dédié aux femmes.