Nous vivons dans une société qui nous vend l’idée que la croissance est gage de bonheur. Tout est construit autour de nous pour nous en convaincre. Pourtant, si nous nous arrêtons quelques instants pour réfléchir, nous pouvons tirer des constats contraires.

La croissance repose principalement sur les consommateurs, raison pour laquelle la population est sans cesse encouragée à surconsommer. Chacun de nous porte ce modèle de société sur ses épaules. Or, ce poids lourd à porter entraîne des réactions en chaîne : si nous sur-consommons, cela signifie que nous devons sur-produire, pour cela il nous faut sur-travailler, pour mieux sur-gaspiller, et donc sur-polluer, pour finir sur-fatigués. Nous devenons malades de la croissance. Cette même croissance qui devait nous rendre heureux, n’a en fin de compte réussi qu’à améliorer le sort d’une minorité.

Ces constats nous amènent à nous questionner sur la pertinence et la viabilité de ce modèle de société qui finalement ne remplit pas ses promesses de bonheur. Il est toujours bénéfique de s’accorder un temps pour prendre du recul, faire un exercice d’introspection, se questionner sur nos valeurs, sur nos priorités. Est-ce que ce modèle me permet de me réaliser, d’être heureux ? Comment puis-je accéder à un mieux être ?  Quels choix s’offrent à moi ? Quels petits changements d’habitudes donneraient plus de sens à mon quotidien ? Comment puis-je être plus en harmonie avec moi-même, mes valeurs ?

 

Les gouttes d’eau fabriquent les océans

Les choix individuels que nous faisons ont des répercussions collectives (consommer, c’est voter). Plusieurs pensent que nos petits gestes sont inutiles, que tout seul, dans notre coin, nous n’avons pas de pouvoir. C’est pourtant tout l’inverse ! Nous sommes des millions de gouttes d’eau. Des millions à pouvoir changer les choses grâce à nos petites actions et nos décisions éclairées.

Voici les nouvelles habitudes que nous avons prises ici, à l’ACEF de l’Est dans notre équipe :

Josiane : « J’ai décidé de ne plus jeter de nourriture et de penser mon épicerie pour que tout les aliments soient utilisés. Je ne voulais plus gaspiller alors que certains n’ont pas assez à manger. En plus, je fais des économies ! Je me rends compte que cette décision a apporté de la créativité à mes repas ».

Émilie : « J’ai décidé de ne plus manger de poulet qui ne soit pas produit dans des conditions décentes. Comme je n’ai pas vraiment les moyens de manger du poulet bio élevé à la ferme, c’est sûr que je n’en mange presque plus, mais j’avais besoin de poser des actes pour m’opposer à des pratiques qui sont pour moi très barbares ».

Olga : « J’ai décidé d’aller au magasin uniquement pour des achats vraiment importants, et de ne plus m’y arrêter au retour du travail pour acheter une bricole qui me manque. Cela occasionnait des coûts parce qu’avant, j’achetais toujours plus que ce que j’étais venue chercher. J’ai aussi décidé de redécouvrir ma garde-robe et de ne pas acheter de nouveaux vêtements cette année ».

Maryse : « J’ai décidé de marcher en montagne toutes les fins de semaine. C’est un moment que j’associe à la méditation, un temps pour moi. J’ai décidé également de passer plus de temps seule, de ne pas être toujours à l’extérieur ou avec les autres, cela m’apporte de la paix et de la tranquillité ».

Linda : « J’ai adoré l’idée de ma fille qui voulait un cadeau particulier pour Noël : elle souhaitait que nous préparions ensemble des repas pour chez elle. Cela nous a permis de partager un moment privilégié, j’ai pu lui apprendre des recettes et je sais qu’elle mange bien chaque jour… peut-être en pensant à moi ! »

Martine : « Je me suis mise à regarder les prix de plus près, à me fixer des limites. J’ai aussi banni de ma vie certains magasins et suis beaucoup plus sensible à la provenance des objets que j’achète. J’ai aussi réduit volontairement mes heures de travail pour privilégier ma qualité de vie ».

Ces exemples peuvent aller à l’infini ! Nous aurions pu également citer l’utilisation des friperies afin de favoriser le recyclage, l’instauration d’une soirée sans écran par semaine pour privilégier des temps en famille, l’offre d’une heure par mois à un organisme pour faire du bénévolat ou pour rendre service à un proche (gardiennage, déneigement, etc.), l’inscription dans un réseau d’Accorderie (système d’échange local), etc.

 

Se reconnecter avec soi-même entraîne une meilleure maîtrise de notre rôle dans la société de consommation, ce qui participe aux changements collectifs et à la restauration du lien social.

 

Si vous souhaitez réfléchir avec nous sur ces questions-là, et les options que nous avons pour vivre différemment, nous vous invitons à notre conférence « Vivre mieux, consommer moins, si on allait vers la décroissance ? »

https://acefest.ca/calendrierdesactivites/conference-vivre-mieux-consommer-moins-si-on-allait-vers-la-decroissance-bibliotheque-langelier ou

https://www.facebook.com/events/784126568340243/ Inscrivez-vous !

 

Par Émilie Bernet-Pelletier et Martine Marleau, conseillères en éducation à la consommation