mobilisationOn se rappelle le bon temps où le Québec était porté par l’euphorie d’un projet collectif : celui d’une société plus juste, plus équitable, qui appartiendrait à chacun. Durant des années, le Québec a construit un système de santé envié de beaucoup, a travaillé fort pour un système d’éducation qui permet l’accès à tous aux études, a rappelé que les ressources naturelles nous appartenaient en créant Hydro-Québec… la liste est longue.

Cette liesse qui habitait chaque région a été source de progrès et a permis au Québec non seulement de gagner en autonomie, mais aussi de développer une solide réputation de lieu où il fait bon vivre, de lieu d’innovation, de vie démocratique et de droits des personnes.

Or, depuis les années 90, nous assistons à une détérioration, voire même une négation de ce bel élan passé. Les différents gouvernements en place depuis n’ont plus été porteurs d’un projet de société qui réunirait tous les Québécois. Bien au contraire, leurs orientations libérales, par le biais de lois arbitraires, de décrets, de coupes financières, et au nom de l’équilibre budgétaire, ont entraîné un climat austère et individualiste. Les gens se sont repliés sur eux, avalés par la société de consommation,  au dépend du collectif.

Est-ce notre projet de société ? Souhaitons-nous taper à chaque fois un peu plus fort sur la tête des plus démunis ? Souhaitons-nous une société qui avance au gré des amitiés avec les géants qui nous volent nos ressources naturelles ? Souhaitons-nous voir notre système de santé et notre système d’éducation se déliter chaque année un peu plus ? Sommes-nous d’accord pour que notre régime fiscal accroisse les écarts de richesse et permette qu’une infime partie de la société s’enrichisse au détriment de la majorité ? Est-ce cette société dont nous rêvons ? Quelle place y avons-nous ?

Il est possible de se mobiliser contre l’austérité. Chacun peut agir à sa manière. Manifester dans la rue est une des formes de mobilisation, mais il y en a d’autres. Vous pouvez dénoncer des pratiques via les réseaux sociaux, ou en signant des pétitions ; vous pouvez boycotter certains organismes ou entreprises qui vont à l’encontre de ce que vous imaginez pour le Québec ; vous pouvez vous informer, lire des articles, écouter des reportages pour mieux comprendre les conséquences de la politique d’austérité ; vous pouvez soutenir les organismes communautaires qui s’impliquent chaque jour pour répondre aux besoins de la population et pour maintenir l’esprit de solidarité ; vous pouvez voter pour adhérer à un projet de société ; vous pouvez utiliser une multitude de vecteurs pour vous faire entendre, il n’y aucune limite à la créativité. Par exemple, la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics a développé 18 solutions fiscales et mesures de contrôle des dépenses qui permettraient de renflouer les coffres de l’état de 10 milliards de dollars par année tout en redistribuant la richesse *.

S’il vous venait à penser que votre vote ou votre présence dans la rue est inutile, rappelez-vous de cette citation du Dalaï Lama « si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour changer quelque chose, essayez donc de dormir avec un moustique. Vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir ».

 

*Pour en savoir plus sur la campagne 10 milliards de solutions : TableauSolutionsFiscales 2015 et Liste des 10milliards de solutions 2015. Vous pouvez également vous rendre sur notre onglet mobilisation pour avoir davantage d’informations.

Merci à Hélène Arsenault de l’ACEF Lanaudière pour sa collaboration.